Né à Quimper en 1952
Beaux-Arts de Paris, et Amsterdam

Expositions personnelles
1995 Galerie Namy-Caulier, Paris
Galerie Philippe Chesnoy, Paris
Galerie Oviada, Nancy
Salon International Art Multiple, Dusseldorf, Allemagne
Galerie Graphes, Paris
SAGA, salon de Paris (Galerie de l’Ermitage)

1996 Bibliothèque Municipale, Saint Brieuc
SAGA, salon de Paris
Galerie Le Cercle Bleu, Metz
Galerie L’Expo, Paris
Galerie Paradox, Gand, Belgique

1997 Bibliothèque Municipale, Rennes
Salon de Bâle, Suisse
Salon de Dusseldorf, Allemagne
Salon de Francfort, Allemagne

1998 Galerie Graphes, Paris
Bibliothèque Municipale, Mulhouse

2000 Galerie d’Istria, Ajaccio
Galerie de Bretagne, Quimper

2003 Les grandes heures de Saint-Emilion
Saint-Emilion, salle des Dominicains
Rétrospective 1993-2003

2008 galerie pascaline mulliez

Publications
1994 Dionysos
Poème en prose de Julien GREEN de l’Académie Française
6 eaux-fortes
Edition L’atelier Contemporain, Paris
1996 Front de taille
Poème de Werner LAMBERSY
15 encres et lavis originaux
Edition L’atelier Contemporain, Paris


1996 Dits de la jeune fille et de l’homme
Poème en prose d’Eugène GUILLEVIC
8 mines de plomb originales rehaussées
Edition L’atelier Contemporain, Paris
1997 Résurrection
Livre d’artiste, texte inédit de Jean GUITTON de l’Académie Française.
30 mines de plomb originales
Edition L’atelier Contemporain, Paris


Collections publiques
Musées et Artothèques, Bibliothèques de Rennes / Aix en Provence / Saint-Quentin / Saint-Brieuc / Quimper / Nancy / Mulhouse / Montréal, Canada / Bruxelles, Belgique / Madrid, Espagne

 

robert-clevier.com/

dialogue

Tout d’abord je trouve très difficile de parler de peinture. J’ai –généralement- plus d’émotions que de mots à disposition.
Mais je te redis ma perplexité en voyant ton travail récent. J’envie ceux qui n’ont aucune habitude de peinture.
Il y avait ce matin un cousin venu par curiosité, m’avouant sa totale ignorance en matière de peinture et qui fut conquis par ce qui – précisément - me « révoltait », c’est à dire ces ruptures si brutales entre les pièces d’un diptyque ou d’un triptyque.
La première fois que je les ai vues, elles m’apparaissaient artificielles, comme faussant trop volontairement un éventuel ordre intérieur. C’était la première fois que je les regardais dans ton atelier, il y a de cela 3 semaines. Quand je suis rentrée chez moi, le diptyque sur mon mur m’avait semblé si sage tout à coup.
Je le regardais ce matin, justement, le mot sage n’est pas du tout approprié. Il ne cesse de remuer tout au long de la journée. La lumière le matin dans cette partie de l’appartement est plutôt présente mais elle vient de côté, rasante alors ce paysage, j’ai l’impression de le voir presque tout entier dans des variations de jaunes, de verts, de touches de rouges, de formes simples, angulaires peut-être imparfaites. Dans la soirée sous la lumière artificielle, les mêmes formes m’apparaissent presque comme se gonflant verticalement plus rouges alors et plus brutes, presque hautaines.
Il y a des jours où la lumière me rend ces toiles quasi impénétrables et où je me sentirais presque éjectée d’autres où au contraire je m’arrête à regarder d’infinis petites subtilités de tons, de détails, de passages de couleurs et autres variations.
Donc, je reviens sur ma perplexité.
Si dans ton atelier les toiles me sont apparues abruptement dissemblables alors même qu’elles constituaient des polyptyques, il m’avait semblé avoir quand même et rapidement apprivoisé le phénomène. Eh bien non ! A l’accrochage il m’a fallu reconnaître que la chose n’était pas aussi évidente.
Je ne sais pas qui apprivoise qui, mais ça tourne autour.
Il est certain qu’il me faudra ces quelques jours à venir, lesquels constitueront au moins un mois et quelques semaines pour tenter de voir (je n’envisage pas pour le moment de comprendre) quelque chose dans ce qui se présente comme une association et qui m’apparaît si peu sociatif.
D’ailleurs je commençerais par ça : ce qui est si peu sociatif. Pourquoi m’apparaissent-ils si peu sociatifs au fond??
Pascaline

Sous la lumière neutre des néons, j’ai fait face au diptyque accroché en face de l’escalier; ma propre perplexité a cédé à une sorte de consternation : comment peut-on faire cela ?
Oubien je reconnaissais cette peinture, et l’impossibilité de me connaître comme son auteur commençait à me gagner, oubien - les choses se sont passées ainsi : cette toile, le jour où tu es venue choisir les peintures pour l’exposition, était la dernière “finie”, achevée au cours d’une quinzaine de séances de travail où rien ne s’était passé, où, peu à peu j’avais baissé les bras, où mon rapport à ce tableau s’était en quelque sorte polarisé. D’une part, accepter cet “état”, épeler à haute voix les mots la formule : “j’ai fait ce que j’ai pu” ; d’autre part, et dans une sorte de jubilation et de tranquillité à la fois, percevoir ce résultat comme exact et donc nécessaire.
Qu’en est-il de cette exactitude ?
Tu emploies, négativement, le terme “sociatif”, adjectif qui désigne le mouvement de marcher indifféremment en avant ou en arrière - de regarder mes diptyques dans un sens ou dans un autre, de gauche à droite ou inversément, n’importe ?
La brisure qui sépare et unit les “fragments” de mes tableaux est-elle un simple outil, un moyen extérieur à mon propos et plus gravement à mon souci - un artifice - , ou une disjonction par laquelle le tableau se constitue, une discontinuité dont on peut présumer qu’elle a à voir avec les causes profondes de ce dernier ?
Les “fragments” s’accompagnent-ils et ce faisant témoignent-ils d’un “défaut “, en l’espèce, de la contamination d’un mode par un autre, l’introduction de ce qui relève proprement du dialogue, de l’entretien de quelque chose ou de quelqu’un avec une autre chose ou un “autre”, dans une forme du langage écrit - c’est à dire lisible, ici, “visible”?
Une dernier point et le plus précieux à propos de dialogue; dia (“par”) logue : impossible de différencier inter-médiaire et moyen sans rappeller la proximité de ces notions, leur appartenance commune à la même catégorie de l’instrumental, des attributs de l’action. Là, après un détour par la grammaire, nous revenons à la peinture, toute “action” et même guerre, comme semble l’indiquer les modes dont nous parlons.
Par parenthèse, tu me dis d’abord disposer de plus d’émotions que de mots; il t’en faut peu en effet.
Tu formules ta perception des tableaux en disant qu’ils sont composés d’éléments qui ne sont pas sociatifs; veux-tu dire qu’ils ne “dialoguent” pas par manque de termes assez singuliers, “locaux”, oubien qu’aucune “orientation” ne les structure, aucun “sens” ? Les fragments des polyptiques seraient-ils des couples ou des triades de guerriers engagés dans une conversation plus ou moins violente mais inintelligible et sans rapport supposé à leurs fonctions et grades respectifs ? Sont-ils arrêtés au bord d’un chemin après avoir perdu leur route, pour examiner leur situation topologique et reprendre leur marche au plus tôt ?
Je t’ai dit ma consternation après l’accrochage. Dans mon atelier, je travaille en lumière naturelle latérale; avec elle. C’est par les différentes modalités de sa pénétration et de diffraction entre et à travers les couches de glacis (telle technique d’application du matériau, telle rapidité ou lenteur, etc.) que je peins : tout se situe sur le plan des phénomènes, qui exigent une attention et une vigilance intenses; le maintient de mon esprit et de mes sensations dans ce plan du combat constitue la condition concrète et paradoxale de la séparation de mon “souci”. Présent-séparé, présent parce que séparé, cette conscience s’il s’agit de cela n’a ni yeux ni vue ni vision, ni gorge ni lèvres ni voix.
Et voici que par ta scénographie, ces néons dont le faisceau unidirectionnel écrasait les glacis, réduisait les équilibres chromatiques, tu me l’as donnée à voir. Rétrospective.
Assis sur l’escalier face à ce diptyque achevé in extremis, j’ai remercié Dieu de me couvrir les yeux de cendres; immédiatement.
Nos soldats ne s’accompagnent peut-être pas plus qu’ils ne devisent entre eux. Posons si tu veux bien l’hypothèse la plus savoureuse : ces guerriers en campagne ont mieux à faire; c’est une autre voie qu’ils explorent; ils sont amants.
Robert  

exposition des artistes de la galerie
02.12.2009 - 23.12.2009

Robert Clévier, Coyotte, Krzysztof Środa, Monica Trenkler, Jean-Paul Laixhay.
Vernissage le 5 décembre à partir de 18h30.

exposition robert clévier
11.12.2008 - 29.01.2009

Robert Clévier / peintures